Alien: Covenant – Le Xéno morfle

Critique - Alien Covenant - N'y allez pas c'est de la merde Poster

Genre : Science fiction Durée : 2h02 Note : 07/20

Réalisé par : Ridley Scott Acteurs :  Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride

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2104, LE USCSS COVENANT EST EN ROUTE VERS ORIGAE-6, UNE PLANÈTE RÉUNISSANT LES CONDITIONS OPTIMALES POUR QU’UN ÉQUIPAGE PROCÈDE À SA TERRAFORMATION ET A L’INSTALLATION DES 2000 COLONS ET 1000 EMBRYONS « STOCKÉS » DANS LES CALES DU VAISSEAU. À SON BORD, WALTER, L’ANDROÏDE, VEILLE AU BON DÉROULEMENT DES OPÉRATIONS QUAND UN TEMPÊTE SOLAIRE ENDOMMAGE LE VAISSEAU ET LE FORCE À RÉVEILLER L’ÉQUIPAGE. PEU APRÈS  L’INCIDENT, UN SIGNAL VENANT D’UNE PLANÈTE À PROXIMITÉ EST CAPTE PAR L’ÉQUIPAGE.

Il y a 4 ans sortait sur les écrans Prométheus. Aussi incompris que le dieu qui créa les hommes à partir de restes de boue et qui leur offrit le savoir divin sous la forme du feu sacré de l’Olympe. Le film de Ridley Scott avait désarçonné la plupart des spectateurs venus chercher du grand frisson. Je te revoie, je t’entends encore, petit gars avec ses écouteurs Beats autour du cou : « C’était pas un Alien, il y a pas de monstres, faut réfléchir, c’était pas bien »… Mais évidemment espèce de misérable fistule ratée aux nervures de trou du cul, si ça avait été un Alien, ça aurait été marqué dessus !

Pour ma part, le film avait été une belle surprise. Même si, fondamentalement, je chie sur cette manie de vouloir absolument tout expliquer au cinéma, j’avais bien aimé ce twist pas con qui avait le mérite de proposer une vision intéressante sur les origines de ces sales petites putes de xénomorphes auxquels on s’attache facilement, mais aussi sur les briques de cette raclure de race humaine à laquelle nous appartenons comme toute autre forme de vie sur terre.

De là à dire que nous sommes nous, humains, une expérience d’arme de destruction massive ratée, il n’y avait qu’un pas. C’est sûr que, comparé aux xénomorphes, on procrastine sacrément pour vaporiser une planète, voilà déjà une bonne raison qu’ils avaient pour nous éliminer ces braves ingénieurs un peu bourrus.

Il était en revanche plus facile par contre de voir en David l’équivalent de Prométhée jouant déjà à faire mumuse en faisant ses expériences scientifiques un peu sales. On sentait en tout cas déjà Ridley Scott obsédé, fasciné, car cette intelligence artificielle, cette supériorité latente qui effraie Stephen Hawking, cette figure quasi religieuse, l’homme né de dieu, donnant naissance à un être doué de pensée autonome lui-même, obsédé par une pensée, tuer le père pour prouver sa supériorité. Tellement obsédé d’ailleurs le Ridley qu’il en a fait la thématique principale d’Alien: Covenant et même toute sa scène d’ouverture.

Critique - Alien Covenant - N'y allez pas c'est de la merde 01
David, votre nouveau super copain qui vous fait bien sentir que vous êtes une merde. Seulement 350 000 $.

Partir d’un slasher en huis clos de 1979 pour arriver à une réécriture biblico-technologique par le biais d’un supermilliardaire mégalomane et de sa créature robotique, faut tout de même le faire.

Sans doute vexé à mort en tout cas que sa vision prométhéenne ait été boudée par l’esprit étroit d’un spectateur à pop-corn qui attendait d’un « nouvel opus » d’Alien tout sauf une leçon de choses qui fait mal au cerveau, Ridley Scott rempile en écoutant la symphonie du porte-monnaie. Il ne faut pas écouter le spectateur mainstream !

Le voilà alors qui tape alors dans la check -list de la saga alors qu’il aurait certainement dû continuer à creuser son sillon et à envoyer un gros fuck tout le monde avec la finesse du gamin caractériel qui montre que Alien,  c’est son jouet et qu’il en fait ce qu’il veut et « je vous emmerde tous et je rentre à ma maison » comme dirait l’autre.

Résultat : un mélange foutraque, un scénario dont le cul joue les chaises musicales, se posant ici et là, mais finissant par se viander méchamment la gueule à côté de la plaque. Seul soucis c’t’affaire, c’est le spectateur qui l’a dans le cul façon tabouret monopied qui te remonte jusque dans la glotte.

Oui parce que si Alien: Covenant (Covenant comme dans l’Arche d’Alliance), s’ouvre sur le générique et jeu typographique classique, ce qui s’ensuit n’est qu’une réécriture ultra académique de la saga à l’encéphalogramme plat, à la terreur absente, aux rebondissements désastreux et aux personnages pour lesquels il est impossible d’avoir une once d’empathie.

Un tel manque de profondeur dans la caractérisation des personnages est d’une tristesse absolue pour un film d’angoisse. Comment frissonner pour des personnages qui ne nous renvoient comme autre image que cette de chair à xénomorphe ? Comment être triste pour la mort d’un personnage quand ce dernier jette une clope par terre dès ses premiers pas sur la planète ou quand il est assez con pour aller faire sa toilette alors que le danger est partout ou partir baiser sous la douche alors que tout le monde vient de mourir… Comment avoir de l’affection pour un capitaine et ses apôtres quand les relations entre ces seuls apôtres ne se définissent que par leur statut de couple à l’écran ? C’est l’Arche de Noé du Pauvre… Surréaliste. On a envie de dire que c’est bien pour vos gueules pauvres merdes.

Critique - Alien Covenant - N'y allez pas c'est de la merde 03
Il est pas beau ce dernier repas ? On en ferait presque une scène (ou pas).

Comment vibrer quand on vous ressert le même cliché de merde de citations littéraires et musicales ampoulées pour créer un parallèle avec le mythe de Promethée ou l’entrée des dieux dans Walhalla ? « Ho la la ! » serait plus juste si je me hasardais à un jeu de mots de merde, ce genre de références vont bien dans Watchmen par exemple, où Ozymandias était déjà recyclé. Mais parfaitement gratuitement comme ça, comme un cheveu sur le potage, désolé Ridley, mais ça tombe à plat. Comment s’attacher à film enfin qui saborde ses bonnes idées (la vision d’un homme de foi sur tout ce bordel), les champs de cadavres pétrifiés, une cité dantesque (une seule ? vraiment ? sur tout une planète ?) au milieu d’une monde parfait, un jardin d’éden déchu, de la symbolique à deux balles, en veux-tu, en voilà…

Là où leurs glorieux ainés savaient prendre leur temps pour installer l’intrigue, faire monter sa sauce, cultiver l’angoisse et l’effroi de l’invisible, Alien: Covenant joue la carte de la pleine lumière, des pleins phares sur les VFX, de la créature en plein pot.

Scott, Cameron et Fincher laissaient monter la marinade dans les veines du spectateur (dans Alien, la mort de John Hurt survenait à 54e minute sur 1h45 de film), Alien: Covenant joue avec ses bestioles au bout d’une vingtaine de minutes, 25 max parce que ces gros cons dans le Covenant ne sont pas foutus de faire un vol de reconnaissance, mais se posent pour faire 8km à pattes et bien s’éparpiller à droite à gauche pour être des proies faciles… Passons.

Mais deux points restent impardonnables. Et là attention SPOILERS !

Critique - Alien Covenant - N'y allez pas c'est de la merde Poster Thumb
Bouh, c’est goret :) Oui bon en fait, en vrai, dans le premier film, c’était suggéré, c’est vachement plus efficace.

La première : torcher la visite de David et Élisabeth à leurs créateurs en 45 secondes montre en main. Véridique ! La réparation de David ? La mort d’Élisabeth ? Juste suggérée…

La seconde est d’avoir tout simplement détruit, vaporisé, réduit le xénomorphe, la figure parfaite et vivante du mal absolu et quasi indestructible, à une banale expérimentation scientifique par un savant fou. Si encore la thématique de la créature de l’homme, créant David, créant le xénormorphe par l’intermédiaire de l’homme (le xénomorphe ne pourrait exister sans l’homme) était explorée… même pas. On peut se consoler en disant que finalement, nous sommes aussi le fruit d’expériences scientifiques alors pourquoi pas… Finalement, ces œufs dans le vaisseau du premier Alien n’avaient rien de très naturel, ça faisait très « élevage ».

Par le jeu d’un fantastique coup de bol,  David qui doit être le seul robot dont les cheveux poussent voit débarquer un vaisseau avec son parfait homologue physique et robotique à son bord. Mais que va-t-il bien pouvoir se passer dites donc au moment où il se coupe les cheveux ? À partir de ce moment-là, TOUT est joué ! Point barre. Même la scène de fin est prévisible dès les premières minutes du film.

Tout ce film en tout cas, ne relie toujours pas directement cette prequel au premier film pour une bonne raison, une « suite » au moins est prévue : Alien: Awakening qui s’intercalera entre Prometheus et Alien: Covenant. En effet, il y a bien à la fin de Alien: Covenant une manière d’expliquer la présence d’un Derelict sur LV 426.

On pourrait en effet imaginer une ellipse temporelle entre l’arrivée de David et son génocide, faire que ce dernier travaille avec ses potes ingénieurs puis balance ses œufs dans un paquet de derelicts dans la galaxie, ce serait un de ces vaisseaux qui serait arrivé sur LV 426… Si tel est le cas, fondamentalement, Alien: Covenant ne sert à rien puisqu’il raconte ce qui se passe après ce qui se passe « après. Sauf si le but de Scott est de faire, comme il en a évoqué la possibilité, une série de 3 nouveaux films.

On verra bien, il faudra en tout cas envoyer du très, très lourd pour que ce très mauvais épisode qu’est Alien: Covenant puisse ne servir que de parenthèse à une prequel qui a déjà du plomb dans l’aile.

Critique - Alien Covenant - N'y allez pas c'est de la merde 02

 

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