9 Mois Ferme – Grossesse très nerveuse

Genre : Comédie  Durée : 1h22 Note : 14/20

Réalisé par : Albert Dupontel Acteurs : Sandrine Kimberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Philippe Uchan, Philippe Diquesne, Bouli Lanners, Terry Gilliam, Gaspar noé, Jan Kounen

Ariane Felder, une juge d’instruction ayant vécu toute sa vie pour son métier se retrouve, six mois près une soirée bien arrosée malgré elle, enceinte sans même pouvoir se l’expliquer. Loin d’être l’Immaculée Conception, elle découvre après enquête, qu’elle  porte l’enfant de Bob le Globophage, celui que l’on considère comme l’un des pires criminels de l’histoire récente de la justice pour avoir mangé les yeux du propriétaire d’un appartement qu’il venait de cambrioler.

 Coincée dans un carcan bien-pensant d’humour politiquement correct, de blagues potaches qui bandent mou et pseudo rébellion contre le système servi par des évadés de la télé et de la scène, la comédie française est doucement passée dans la fosse septique des films à peine regardables aux bouses franchement vomies pour attirer les foules d’attardés curieux qui ont déjà vu la majorité des gags dans la bande-annonce.

Le dernier film de Danny Boon, dont je vous parlerai ici prochainement, après un soir de cuite à l’éthanol, je me suis enfin décidé à aller le voir, l’éthanol étant la seule substance qui ait réussi à me pousser à regarder Eyjafjallajökull, est bien représentative de la beaufittude  totale dans laquelle s’est engluée ce qui auparavant était une sorte de fierté nationale.

Beaucoup d’espoirs reposaient alors sur les frêles épaules d’Albert Dupontel qui n’en a certainement pas grand-chose à foutre de la pression d’ailleurs. Lui, sorte de Terry Gilliam à la Française, totalement déjanté et absurde, maniaque du détail qui détonne et de la réplique qui claque, chef d’orchestre de films qui donnent une image de vaste foutoir, mais en fait savamment dirigé par son esprit tordu, mais diaboliquement ordonné.

9 Mois Ferme, n’échappe pas à la règle. Si l’on ne retrouve pas exactement le même degré de  férocité et de méchanceté acide de Bernie et du Créateur ni la folie Tex Averyiesque de la plupart de ses films, 9 Mois Ferme possède cette poésie douce-amère, cette tranche de vie un peu déjantée, ce côté fable un peu amorale, délicieusement humaine.

Le film est à l’image d’une grossesse. Une véritable pluie d’hormones contradictoires, d’envies et de folie, de grand chamboulement de la vie, de balayage d’idées reçues de grains de folie et de grains de raison,  de  déprime totale et de pétages de plomb, d’envies de hurler et de cajoler.

Véritable bordel libérateur à 200 à l’heure totalement jouissif, en perspective forcée ou en fish-eye déformant, qui enchaîne les gags et les personnages absolument barrés là où d’autres réalisateurs enfilent des perles en se regardant le nombril, 9 Mois Ferme est loin, comme à son habitude de faire la part belle à Albert Dupontel, lequel prisonnier débile au grand cœur, préfère mettre en scène l’immense talent de ses acteurs que c’est un plaisir de retrouver.

Un patchwork de personnages que l’on rencontre certainement au cœur du très beau palais de justice de Paris dans lequel Dupontel a été autorisé à tourner, s’offrant même, le temps d’une scène, les services d’une véritable juge, Michelle Bernard-Requin, héroïne du très bon docu 10e Chambre qui l’a conseillée pendant tout le film sur les vocabulaires et procédures pénales.

Entre un flic totalement crétin, un juge bègue, un magistrat obsédé, un médecin légiste très démonstratif et une juge vieille fille fan de son boulot mise enceinte par un cambrioleur qui ne fréquente que des putes(formidablement irrésistible Sandrine Kimberlain), on se demande si l’être humain normal à sa place dans le film ou simplement si l’humain lui-même est un être normal.

Car c’est bien ça au fond, il y a au cœur de la folie furieuse que dégage le cinéma d’Albert Dupontel, cette part d’humanité perdue, cette bonté immense, cet amour de l’être humain  qui s’affiche sans fard au travers de ses faiblesses les plus honteuses et de ses travers les plus glauques. Bon c’est pas du cinéma humaniste non plus, faut pas déconner, mais le trait forcé à la faucille et l’exagération totale presque caricaturale de ses personnages en font des sortes d’épaves attachantes dont on a envie de connaitre un peu plus la destinée.

Avis sur “9 Mois Ferme – Grossesse très nerveuse

  1. Lue avec grand intérêt cette critique sur 9 mois ferme…moyennement envie d’aller le voir ? Pour j’aime bien Dupontel et Kimberlain.

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