50 Nuances de Grey – 50 Shades of Shit

50 nuances de Grey : Affiche et site viral

Genre : Amour, drame Durée :  2h05  Note : 01/20

Réalisé par : Sam Taylor-Johnson Acteurs :  Dakota Johnson, Jaimie Dorman

Une romance s’installe entre une jeune femme belle, mais vierge effarouchée et un riche et séduisant homme d’affaires adepte des pratiques sadomasochistes.

Écrit par une admiratrice de Twilight, 50 Shades of Grey, ignoblement renommé 50 Nuances de Grey aurait déjà du mettre la puce à l’oreille des lectrices qui s’y sont aventurées. Pourtant, l’effet sulfureux et le fantasme de découvrir ce que cachaient réellement les pages de cette romance érotique a fait son travail dans la caboche féminine des ménagères Américaines habituées aux assauts bovins de leur redneck de mari, haleine de bourbon-T-bone à l’ail et bourré comme une barrique à la Budweiser.

On peut ainsi comprendre le succès du bouquin sur le seul postulat que le mâle moyen américain soit à peu près aussi proche du fantasme féminin ultime dépeint par E. L. James que le navet du pélican. Rien n’est plus puissant que l’esprit féminin pour intellectualiser un monde de fantasmes inavoués et libérés au travers des pages d’un roman. Ainsi, les éditions Arlequin, dépeignant des ébats langoureux dans des formules phalico-vaginales allégoriques à rallonge pondues en écriture automatique par des écrivains voulant mettre du beurre dans les épinards, ont fait leur fortune là-dessus.

Par curiosité envers cet évènement d’édition et par l’intermédiaire d’un PDF récupéré au hasard de mes pérégrinations sur internet, j’ai lu quelques pages du roman de E. L. James… Pour pas mourir idiot quoi…

Dire que l’adepte de Bret Easton Ellis, Hubert Selby Junior que je suis a trouvé 50 Shades Of Grey fade et mauvais révèle de l’euphémisme. L’horreur de l’écriture, la médiocrité des personnages, l’attitude de débile profonde de l’héroïne et la perversité toute relative de son personnage principal m’ont fait quitter les pages au bout de 25 minutes. En un mot, ce bouquin est une véritable merde.

Qu’attendre alors du film et de son tapage médiatique que la production nous a asséné à grands cris désespérés ? Nous criant bien plus « ruez-vous dans les salles sinon on va faire un putain de four » que du cul, des coups de fouet dans la gueule, du sang, du foutre et embrasse la tête de lit recouverte d’éclats de verre pilé avec ta tronche et étouffe-moi avec ma ceinture jusqu’à ce que je prenne une jolie teinte Schtroumpf bricoleur, mais on s’aime quand même… ce n’est pas qu’une histoire d’achats chez Bricorama entre nous !

Bien sur, vous me direz, Grey n’est pas Patrick Bateman. Et heureusement pour l’héroïne sinon elle aurait fini sur le rayon charcuterie Liddl entre les merguez et la bavette premier choix. Mais tout de même. Je n’y connais rien ou presque en pratiques BDSM mais, Pulp Fiction, Bound ou autre références à l’appui, j’en imagine autre chose que le minable échange de pichenettes et encordages auxquelles on a droit dans le film.

La Secrétaire, film démentiel et méconnu sorti en 2002, qui traite presque exactement du même sujet et dont le personnage principal s’appelle aussi Grey (tiens, tiens…),  Basic Instinct, Liaison Fatale, Color Of Night, le monumental Sexe Mensonge et Vidéo, 9 semaines 1/2, Eyes Wide Shut ou éventuellement, Sliver, L’Orchidée Sauvage, Sexcrimes ou Cruel Intentions (Sexe Intentions en français parce qu’avec Sexe, c’est plus vendeur)… tous peuvent regarder avec honte leur descendance littéraire et filmographique dégénérée et renier à jamais tout lien avec elle. 50 Nuances de Grey ne leur arrive même pas à la corne du talon, avec une échelle de pompier… et des échasses.

Rien ! Il ne faut rien attendre de ce film infâme, impuissant et opportuniste, même pas un début de distraction. Imaginer qu’il soit une purge totale était encore lui offrir une chance de salut. Le film est certainement encore plus pourri que le bouquin, certainement l’un des trucs les plus atroces que j’ai pu voir a l’écran et j’ai du kilométrage question bouses intergalactiques.

Des acteurs parfaitement ridicules, une actrice a des années lumières de l’hypersexuelle Sharon Stone, de la torride Maggie Gyllenhaal, de la terrifiante Glenn Close, des dialogues aussi atroces que risibles, un érotisme de pub pour lotion corporelle avec la musique répétitive du même acabit pour accompagner le tout.

50 nuances de Grey est un remake de… putain ! De 2h05 de sport TV Tahiti Douche qui aurait fait une tournante avec les plus mauvais scénars d’Amour Gloire et Beauté et les plus atroces dialogues de Twilight.

Il est l’enfant consanguin et totalement dégénéré de programmes névrosés de frustration. Le fruit adulé et insipide d’une génération d’autistes attardés dont la seule culture cinématographique ou littéraire se limite aux pages people des magazines télé qu’ils  feuillettent en attendant de regarder une téléréalité à la con pour rêver de leur moment de gloire.

En plus court, c’est de la merde en tranches.

Pour un peu, j’ai envie de présenter Sam Taylor-Johnson à Patoche Bateman, comme ça, juste comme ça, pour rigoler.

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